Se laisser creuser...

Chez les chrétiens, le mois de mars est le temps du carême, temps avant la fête de Pâques, mais surtout temps des 40 jours passés par Jésus dans le désert, seul, sans manger et en étant tenté par “le diviseur”.  Pour beaucoup, cela signifie essayer de se priver de sucreries, ou d’autres plaisirs pas forcément culinaires, mais qui sont autant de plaisirs personnels: écran, réseaux sociaux, fiesta… L’Eglise a judicieusement placé ce temps à la sortie de l’hiver quand d’une manière générale nous commençons à vouloir nous préparer à l’arrivée du printemps et de l’été. Jeûner et perdre quelques kilos peuvent faire très bon ménage !

Depuis 2 ans, j’ai commencé à profiter de cette période pour faire un jeûne complet: d’abord 5 jours et cette année 12. L’objectif espéré serait 30 jours. A voir, car faisant ça sans partir de chez moi il faut donc continuer à nourrir le reste de la famille (cette année mon mari m’a accompagné ce qui a été une grande aide) et poursuivre mes multiples activités. Mais c’est faisable, j’en suis certaine.

Dans un jeûne complet, la faim est rarement un problème. Mais par contre, très vite, cela met en relief les innombrables tentations de notre mode de vie. Particulièrement en France où manger est un véritable art de vivre, et encore plus à Lyon qui s’enorgueillit du titre de “capital mondial de la gastronomie” ! Manger est un acte social et du coup “ne plus manger” c’est aussi effectivement se retirer, aller chercher un peu son désert à soi. Sans compter que l’énergie en prend aussi quand même un bon coup… Et personnellement, quand je suis fatiguée, les idées noires elles se réveillent. Ce n’est donc pas que le corps que l’on va volontairement “creuser”, mais aussi un peu tout le reste de sa vie, esprit et sentiments inclus.

Accepter de se priver volontairement de quelque chose, de se mettre soi-même dans une position de faiblesse physique et/ou morale est pas mal aux antipodes de nos façons de faire habituelles et c’est bien sûr ce qui en fait toute sa “force”. Je le vis comme une grande “expiration”, et c’est pour ça que je cherche à la prolonger (pas tant par soucis religieux, ni pour gagner une taille fine avant l’été – même si les deux jouent quand même un peu :-)). Une expiration qui permet de faire remonter les peurs, les fatigues, les envies, les lâchetés. De les voir, les vivre, et de les laisser partir. Et parce qu’on le fait “en conscience”, de s’apercevoir qu’on peut s’en détacher, qu’on peut faire “sans”, autant qu’on peut faire “avec”. Mais en apprenant surtout à moins se laisser définir par elles. Elles deviennent un peu moins “nous”, elles sont juste là, et elles passent.

Cela me rappelle une phrase lue sur un livre de l’animisme africain sur la respiration: “ce qui sort de toi est riche de ce que tu libères, et ce qui rentre est riche de ce que tu ignores”. Jeûner, se priver, c’est accepter de se laisser creuser, c’est faire un petit ménage de printemps, sans chercher à le combler par autre chose. C’est un échange: ma faim, ma fatigue, mes faiblesses contre un espace, une promesse, un temps un peu privilégié avec ce qui aussi me constitue: ma simple humanité.

Le coaching de vie est un accompagnement humaniste au changement, qui prend la personne dans sa globalité et l’aide à trouver les solutions qui lui sont propres. Je reçois sur Lyon et par Internet (Skype, Messenger, Facetime). Je coache en français ou en anglais. Pour plus d’infos, rendez-vous sur mon site https://taryss-coaching.fr/ ou prenez directement rendez-vous: https://taryss-coaching.fr/index.php/booking/ . Une séance d’information de 30 minutes vous est offertes

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